20060428Hier soir, au volant de mon joyeux bolide, coincée dans les embouteillages, j’ai mis deux heures dix pour faire les douze kilomètres qui séparent Nanterre de Levallois. Mon esprit divaguait en matant le type d’a côté se curer le nez jusqu’aux sinus ! 
Je pensais à tout un tas de gens et de choses...
- au sex appeal de Bernard Thibault ;
- à ce reportage radio surréaliste où l’on entendait une femme hurler comme une folle terrifiée pour sortir d’un métro qu’on imaginait prêt à exploser ;
- à notre bon président et son équipe de rugby ;
- aux motos qui, alors qu’il fait nuit, tentent de se suicider dans nos roues se faufilent entre les bagnoles ;
- aux caissières qui soulèvent des tonnes de victuailles, ouvriers sur les chantiers 365 jours par an, coiffeuses debout les mains dans les produits chimiques et manutentionnaires de tout poil qui, en plus de leur lot d’années de cotisations, se fadent des grèves et des heures sans fin de galère…
- au stock kart que deviennent les routes franciliennes dans ces moments-là,
- à tous les journalistes, qui, le matin même, disaient que la situation s’améliorait !!! et à cette interview d’une folle d’une femme qui gloussait comme une conne une innocente que cinq heures pour se rendre à son boulot, ben c’est pas grave, c’est une question d’habitude… Les-dits journalistes télé-travaillent ou bien ?

Donc, je réfléchissais. Je me demandais comment synthétiser ces pensées nombreuses ET hétéroclites. C’est pile poil à ce moment-là que je me suis mise à ricaner nerveusement et à chantonner à tue tête, telle une folle dingue, une parisienne dont les nerfs lâchent.

Mais oui, mais c’est bien sûr. Une fois terminé mes trois heures de bagnole, quitté ma mère qui m’a accueillie chez elle pour quelques jours, retrouvé mon appartement à 22h00, mon breton et mon lit pour une nuit réparatrice, je tapoterai nerveusement sur mon Ibook tout blanc (pintade je suis….) en appelant à la rescousse le plus grand des plus grands. Je m’incline ici à ses pieds pour lui dire merci de nous aider à penser correctement. Si j’ai un fils, je l’appelle Georges. Faut pas rire, le prénom "has been", c’est tendance… Perso, j’attends avec impatience le premier Gérard ou Roger (pardon papa)!

Allez hop, tous en cœur !

Quand ils sont tout neufs,
Qu’ils sortent de l’œuf,
Du cocon,
Tous les jeunes blancs-becs,
Prennent les vieux mecs,
Pour des cons.
Quands ils sont d’venus,
Des têtes chenues,
Des grisons,
Tous les vieux fourneaux,
Prennent les jeunots,
Pour des cons.
Moi qui balance entre deux ages,
Je leur adresse à tous un message :

Le temps ne fait rien à l’affaire,
Quand on est con, on est con.
Qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand père,
Quand on est con, on est con.
Entre vous, plus de controverse,
Cons caducs ou cons débutants,
Petits cons d’la dernière averse,
Vieux cons des neiges d’antan.

Vous les cons naissants,
Les cons innocents,
Les jeunes cons,
Qui ne le niez pas,
Prenez les papas,
Pour des cons.
Vous les cons usés,
Les cons usagers,
Les vieux cons
Qui, confessez le,
Prenez les p’tits bleux,
pour des cons.
Méditez l’impartial message,
d’un qui balance entre deux ages :

Le temps ne fait rien à l’affaire,
Quand on est con, on est con.
Qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand père,
Quand on est con, on est con.
Entre vous, plus de controverse,
Cons caducs ou cons débutants,
Petits cons d’la dernière averse,
Vieux cons des neiges d’antan.

Georges Brassens