15 août 2009
Déambulation à travers l'Europe ou comment voyager sans sortir de chez soi
Une fois n'est pas coutume, je vais aujourd'hui tenter de vous parler de livres. Mais qu'est-ce qu'il se passe? Votre Renée serait-elle tombée sur la tête? Après vous avoir fait vaguement croire que je lisais pour le Prix des lectrices de Elle sans vous avoir jamais donné de preuves tangibles ici, tiendrais-je enfin promesse? Est-ce le manque que procure tout d'un coup mon absence de devoirs à renvoyer à ma copine Jacqueline? Ce petit tiraillement qui m'obligeait à me poster devant mon ordinateur pour rendre mes critiques mensuelles qui me manque? Je ne sais. En tous les cas, j'ai fait une jolie découverte littéraire cette semaine dont je voulais vous faire part ici parce que c'est bien gentil les barbouillages de jaune ou les tags de rose à venir, mais faut pas déconner, dans la vie parfois, il faut savoir être sérieux.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je voulais d'abord vous avouer l'un des plaisirs les plus vifs de ma vie de lectrice. A mes yeux, les moments les plus palpitants sont souvent ceux de l'avant, c'est-à-dire quand on échange avec passion autour des livres avec ses proches et qu'à un moment votre interlocuteur vous lance passionné:" Tu l'a lu celui-là? Non? Mais c'est génial? Si tu aimes untel ou unetelle tu vas adorer! Attends, je te le passe tout de suite". Et là, c'est maousse bonheur, car vous avez un conseil qui sonne bien, qui a l'air avisé, qui vous promet des heures futures de bonheur littéraire et qu'on vous tend sur un plateau prêt à être dévoré. Et moi, ces moments, j'adore. C'est donc sur un conseil éclairé que j'en suis venue à lire Le trajet d'une rivière d'Anne Cunéo.
Lors de mes vacances parisiennes et sans bouger de mon confortable fauteuil, j'ai donc pu sillonner l'Europe à travers la vie de Francis Trégian, euh non, François Tréville, attendez non en fait il s'appelle Pietro Ricordi... mais aussi Chrétien Roqueville car le personnage dont il est question passe sa vie à changer d'identité pour pouvoir vivre comme il l'entend à travers cette époque tourmentée. Et cette vie est plus que passionnante puisqu'en baignant dans l'univers de la musique de la Renaissance, il croise un nombre impressionnant de personnages connus, de Shakespeare à William Byrd, d'Elisabeth d'Angleterre à Henri IV. Anne Cunéo sait donner vie avec beaucoup de passion à cette époque débordante de vitalité et de revirements politiques par le prisme de son personnage que l'on suit de sa naissance à sa mort. A chaque fois que je refermais le livre pour vaquer à mes occupations, j'avais envie de découvrir mille choses : me replonger dans Shakespeare, Montaigne, faire de la musique, me remettre aux langues. Je me suis trouvée emportée dans l'histoire de cette Europe où se croisent à merveille la petite et la grande Histoire.
Si vous avez envie de vous échapper en plein cœur de la Renaissance, en Angleterre, en France, en Hollande, en Italie, en Espagne, en Suisse l'espace d'une lecture, foncez sur ce livre, vous ne le regretterez pas.
Renée
08 août 2009
On s'arrête et on respire avant de replonger
Ola, lecteurs en goguette. Je vous dois une explication. Réapparue comme par miracle avec mon lever matinal Bartabasien, je ne me suis pas excusée pour ces longues semaines de silence. C'est que, voyez-vous, votre Renée n'est pas invincible, (invisible je ne dis pas, mais invicible ça je vous confirme que non). J'ai fini l'année sur les rotules après avoir eu une fièvre de liberté au sortir du Prix de Elle. Parce qu'une année à rester cloîtrée chez moi, y'a un moment où j'ai pété les plombs quand la délivrance fut venue. Plus besoin de satisfaire Jacqueline tous les mois avec mes kilomètres de lectures et les rendus de mes proses de critique, mais qu'allais-je faire de tout ce temps à moi retrouvé? Qui a dit en buvant, garnements? Meuh non, cette solution bien que fort agréable n'en reste pas moins insatisfaisante. J'ai préféré me transformer en bobo-intello qui court les spectacles, les soirées, les restos, la capitale, les week-ends à la campagne et entonner une chansonnette sur ma liberté retrouvée. Après une petite cure de non-lecture, je me suis remise à lire de tout, au gré de mes envies et rien que de mes envies. Je me suis plongée dans la correspondance de Stendhal tout en dévorant également "La couleur pourpre" d'Alice Walker offert par Enna lors de notre rencontre en mai (merci Enna, la langue donne un vrai relief à l'histoire!), "Les piliers de la Terre" de Ken Follet et "L'élégance du hérisson" que je n'avais pas encore lu. J'ai butiné dans tous les sens à mon grand bonheur pendant tout le mois de juin.
Donc, j'avoue que pour le blog, j'ai un peu fait profil bas vis à vis de mes deux comparses qui avaient de l'inspiration pour trois heureusement (j'allais quand même vérifier de temps en temps s'il y avait bien de l'activité ici, je suis pas une chienne quand même, mais j'avoue avoir emprunté avec délectation le chemin du blog buissonnier quand j'ai vu tous les billets d'avance qu'Hortense et DQJM vous préparaient). Et puis les vacances sont arrivées, j'ai pu aller faire respirer mon corps et ma tête exténués au bord de la mer.
Y'a pas à dire, les vacances en été c'est vraiment indispensable pour regonfler ses batteries. On se permet de rêvasser, de ne pas compter le temps qui passe, de laisser son esprit divaguer tout en le laissant construire ses châteaux en Espagne. Ces moments sont indispensables pour faire renaître les envies et la curiosité. Et bien pour moi, ça y est, c'est reparti comme en 40. Mes vacances touchent bientôt à leur fin, je vais reprendre le chemin du boulot la semaine prochaine mais sans le stress de la rentrée puisque la grande majorité de mes collègues sont encore tous en train de buller quelque part dans le monde et je ne suis pas trop pressée qu'ils rentrent. J'ai des projets plein ma besace dont je ne manquerai pas de vous informer ou pas au fur et à mesure de la rentrée. Je vous laisse, il me reste encore quelques heures de liberté pour m'inscrire en septembre à un cours de cuisine indienne ou de pelote basque.
Renée-vasion
PS: pour les lecteurs égarés sur ce blog pour la première fois, je vous informe que ma comparse DQJM vous a mitonné un billet le 1er août qui dure tout le mois avec un lien spécialement choisi pour vous tous les jours. Alors, n'hésite pas lecteur et fonce ici pour aller voir ce que la journée te réserve !
19 décembre 2008
Tic tac tic tac tic tac....
Bon, il faut que je vous avoue quelque chose. Vous avez le droit de savoir puisque vous suivez de temps en temps l’état de ma déchéance. Oui, je bois. Oui, j’ai eu tendance à me réfugier auprès de mon ami champagne ces derniers temps. Ces histoires d’alcool intempestives, ces pulsions alcooliques sont dues à la rude épreuve que je traverse en ce moment. Jusqu’à présent j’avais réussi à faire bonne figure mais là je craque et vous avez le droit de savoir pourquoi.
Oui, je bois, farpaitement, pour tenir et réussir à aller au bout de ce parcours du combattant qu’est le Prix des lectrices de Elle. Pourquoi croyez-vous que l’on a été sélectionnées au bout du compte ? C’est parce qu’on est peu nombreuses à avoir le profil kamikaze des lectrices acharnées qui sont prêtes à tout pour rendre leur travail de critique à temps. Et parce qu’on est peu nombreuses à tomber dans le panneau…
Amies lectrices du Prix, oui c’est à vous que je m’adresse, détrompez-moi si le scénario que je vais vous compter n’est pas le même que celui que vous vivez chaque fois que vous parlez de votre expérience de jurées à votre entourage. En général, pour moi, cela se passe toujours de la même manière.
D’abord, mes interlocuteurs s’animent : « Quoi, tu fais partie du jury du prix des lectrices de Elle ? », « Mais c’est génial ? », « Et, tu reçois des livres gratuitement ?», «Et comment as-tu été sélectionnée ?».
Là, c’est la partie sympa. Normal, on vous caresse dans le sens du poil. Vous faites figure de grande lectrice. Vous sortez du lot et on vous admire ! Une sorte de gloire simple que l’on boit comme du petit lait… «Ah oui, je suis formidable…» «Non, ce n’est pas grand-chose tu sais…» «Je te filerai des tuyaux si tu veux participer l’année prochaine…»
Et puis, commence la partie moins sympa avec des questions plus précises : «Et comment ça marche ce prix ?» «Tu as combien de livres à lire ?» «3 en 3 semaines ? Mais c’est énorme !» «Et tu dois écrire combien de lignes pour tes critiques ?» «T’es jamais passée dans le journal ? Non, ah bon...», «Tu es abonnée gratos alors!» (ahahah ricanement nerveux).
Bon, évidemment à force de vous cuisiner, vos interlocuteurs finissent par découvrir l’étendue de la tâche qui vous incombe (ou à peu près car finalement, ce prix quand on n'en fait pas partie, on n’y comprend rien) et je vous mets au défi, amies jurées, de trouver finalement un grand nombre de personnes prêtes à tenter leur chance pour la prochaine édition. Parce qu’après votre journée de boulot, il faut savoir, éventuelles candidates, qu'il faut LIRE et ÉCRIRE DES CHOSES SUBTILES pour Jacqueline, qui à mon avis se marre tous les ans comme une baleine à l’idée du mauvais tour qu’elle a réussi à jouer aux nouvelles 120 jurées … ahahahah morte de rire….
Et puis, ce mois-ci pour couronner le tout, c’est mon mois. Le mois des 7 livres à lire et des 7 critiques à renvoyer en un mois et demi. Et là, j’aime mieux vous dire que ça urge grave car c’est pour ce soir minuit dernière limite…arghhh… Voilà pourquoi je vous causais pas beaucoup ces temps derniers.
J’attrape la bouteille de calva, je ne vois plus que cela. Qui sait, cela donnera peut-être une couleur particulière à mes critiques. Passera, passera pas dans Elle ? La suite au prochain épisode.
Renée, au bout du rouleau
23 novembre 2008
prends toi ça dans la gueule ou les déferlantes
J'ai longuement hésité avant de me lancer dans la critique littéraire d'autant que sur ce blog, c'est pas moi, mamzelle pivot. En prime, comme maintenant on est lues par des membres du jury de Elle mag, j'ai un peu la pression. M'enfin, c'est pas ça qui va arrêter l'emmêlage, faudrait voir à pas rigoler. D'autant que dans le livre de Claudie Gallay, on rigole pas beaucoup. Si vous avez pas le moral, c'est pas un bouquin pour vous le remonter, je vous aurai prévenu(e)s. Mais moi, j'ai aimé, beaucoup. C'est un livre primaire, animal, brutal qui m'a fait penser à mon breton et à son Finistère double proche du Cotentin de cette histoire. C'est une galerie de portrait comme on en lit peu. Exit les intellos analysés parisiens, bienvenue du côté de la Hague. Mon personnage préféré, c'est Max, une sorte de Hugolin normand. Un benêt qui construit son bateau, patiemment tout en bavant sur le corps d'une jeune femme ennuyée et lassive. Mais il y a aussi une femme désespérée qui compte des oiseaux, une folle qui court les dunes en attendant que la mer lui rende les siens, une tenancière de bar qui cache des choses sous son comptoir, une vieille qui pleure sans dentier, un sculpteur envouté, un homme en quête de racines, un vieux fan de Prévert, j'en passe et des meilleures. On ne s'attache pas forcément à ces êtres bruts et imparfaits mais on ne lache pas pour autant un bouquin qui ressemble à une histoire racontée à la tombée de la nuit, un soir d'automne par temps de pluie et au coin du feu. Si vous n'avez pas encore entendu parler de ce livre et que vous n'avez rien à lire, ne me remerciez pas. C'est cadeau. DQJM
ps : c'est ma copine Albertine qui m'a ordonné de lire "Les Déferlantes" quand elle est venue de sa bretagne à la rencontre de ma choup en septembre. C'est totalement privé et et parfaitement hors contexte mais tu me manques méchamment ma poule!
16 octobre 2008
Oui-oui au pays des drogués et des infanticides
Bon, je vous ai déjà raconté à quel point la vie d'une critique pouvait être compliquée, du fait qu'une critique ne sort plus, ne voit plus personne et s'attache à son ordi pour rendre ses commentaires à temps tout ça à cause de la Poste. Je vous ai déjà narré à quel point ce monde est d'une ignominie monstrueuse du fait que nous, critiques en herbe, ne sommes pas félicitées par la moindre parcelle de numéro du magazine de Elle pour nous remercier (je sais cela devient lassant de revenir toujours à ça mais que voulez-vous j'aime le comique de répétition).
Aujourd'hui, petit billet d'humeur pour râler sur la nouvelle sélection. Mais qu'est-ce qu'il leur prend à Elle? Veulent nous filer une dépression? Je suis en train de me dire que je me suis trompée de case, quand j'ai accepté de participer à ce prix. J'ai dû cocher la case Koh-Lanta littéraire en fait. Sur les trois livres que j'ai reçu pour la sélection de novembre tous les livres nous plongent dans l'histoire abominable de jeunes enfants. Je vous résume en gros le déroulement de mes journées de la semaine dernière ce qui vous permettra de comprendre pourquoi je suis restée silencieuse pendant tout ce temps et que je n'ai pas réussi à vous passer le bonjour. En gros, j'ai d'abord découvert l'histoire de Baby, une gamine de 12 ans dans La Ballade de Baby de Heather O'Neil et j'ai enchaîné avec celle de Saville un charmant garçon de 4 ans dans L'affaire de road hill house de Kate Summerscale. Pour vous faire un tableau précis de ce que j'ai vécu, voilà à quoi a ressemblé ma semaine au jour le jour. Je vous livre des tranches de lecture piochées pendant les transports en commun qui ponctuent ma journée le matin et le soir:
Lundi: Lever, "Baby vit avec son père et change souvent d'appartement à cause de problèmes d'argent", journée de boulot longue et éprouvante, "Baby a perdu sa mère très jeune et elle vit seule avec son père drogué", dîner, dodo.
Mardi: Lever, "Baby se retrouve en famille d'accueil, son père se drogue toujours", journée de boulot longue et éprouvante, "Baby parle avec les SDF qui sont ses seuls amis", dîner, dodo.
Mercredi: Lever, "Baby est violée, elle tombe entre les mains d'un souteneur", journée de boulot longue et éprouvante, "musique sur mon ipod, je fais l'impasse sur mon livre", dîner sans baby, dodo.
Jeudi: Lever, "Baby tombe dans l'héroïne pour tenir", journée de boulot longue et éprouvante, "trajet sans baby, sans musique, j'ai besoin de vide", dîner sans Baby encore et dodo.
Vendredi: Lever "fin de l'histoire de Baby, dur dur mais faut aller bosser", journée de boulot longue et éprouvante, "trajet du retour sur les rotules, heureusement y'a Saville qui m'attend à la maison", dîner lecture? "et là je découvre Saville, le charmant bambin de 4 ans qui se fait assassiner dès les premières pages!", dodo.
Week-End avec Saville dans une top ambiance de loufoquerie, vous imaginez bien, avec cette énigme: "mais qui a tué Saville, sa soeur ou son père? "
Mais pourquoi tant de haine Jacqueline? Ta vie est un tel conte de fées que tu cherches à te payer des sensations fortes par le biais de tes lectures du boulot? Ou bien, tu développes une certaine forme de sadisme, pour voir qui tiendra le coup jusqu'à la fin de l'année? Tout ça pour vous dire qu'il faut avoir le coeur bien accroché quand on critique à Elle; ce n'est pas pour les âmes sensibles. Et là, sur ma table de nuit, m'attend quand j'aurais fini d'élucider le meurtre du petit Saville, Zulu de Caryl Ferey que même Hortense m'a dit "c'est bien mais y'a des moments un peu trash!"
Vous savez quoi, c'est qui qui part en vacances bientôt avec Oui Oui à la plage? C'est bibi.
Renée
01 octobre 2008
Week-end studieux oblige
Alors que certains d'entre vous sont partis gambader dans la campagne encore ensoleillée ou bien ont programmé une petite fin de semaine loin de chez eux, d'autres comme moi ont été assignés à résidence. Eh oui, moi, messieurs, mesdames en ce moment j'ai des devoirs à faire et à cause des performances de la poste (pour les petits nouveaux les détails sont là et puis là), je n'ai eu que 2 semaines pour lire les 4 livres de la sélection de septembre du Prix des lectrices de Elle. Alors évidemment, il a fallu que je cravache le dernier week-end car je devais rendre mes chef-d'oeuvres de critiques avant le 30 septembre. Ca laisse pas beaucoup de temps pour pondre des commentaires hautement spirituels, je vous l'dis.
Petit debrief rapide: je n'ai pas encore trouvé la perle rare. Les livres ne m'ont pas vraiment enthousiasmée même si le polar La princesse des glaces se lit bien et que le roman de Mira Maguen est plutôt bien écrit. J'attends maintenant la nouvelle sélection avec impatience en espérant que celle-ci sera de meilleure teneur. Ne vous en faites pas, je vous alerte en cas de livre à ne pas manquer.
Par contre, je voulais vous faire partager ma nouvelle découverte musicale d'il y a quelques mois (et écoutée tout le week-end) qui ne sera peut-être pas une nouveauté pour vous mais il faut vous dire que je vis un peu en dehors des réseaux normaux. Mes seules radios sont France Inter et France Info, je n'ai pas la télé et je déserte peu à peu les supermarchés, qui passent les tubes du moment, pour aller m'alimenter au marché. Du coup, je passe parfois à côté des nouveautés musicales.
Moi, cela me file la pêche et tous leurs morceaux sont de cette teneur. C'est anglish, ça bouge bien. Profitez de ces 3 minutes avec les arctic monkeys, y'a une énergie débordante ! Très bonne semaine...
Renée, qui a du mal a tout gérer en ce moment et pourtant sans tamagoshis et sans homme... damned!
14 septembre 2008
Poste, je te hais...(2)
C’est donc pleine d'allégresse que j’arrive
mardi matin au lieu sub-cité. Ô bonheur, ô joie de commencer en ce début
de journée par la pêche à la nouvelle sélection du Prix des lectrices
de Elle avant d'aller travailler! Je vole vers la Poste, je suis en
avance. 3 personnes à peine font déjà la queue, la grille s’ouvre
doucement laissant entrer une lumière tamisée à l'intérieur du bureau…
Je m’avance lentement munie de mon graal et mon interlocutrice part
chercher le colis tant attendu.
Et là,...rien …comment ça rien... ? Ben oui, rien comme RIEN. Madame la postière est revenue bredouille à son bureau. Elle agrippe fébrilement son clavier d’ordinateur (elle sait déjà que c’est mon deuxième passage). La sueur coule sur son visage, elle évite mon regard sanglant qui lance à son visage affolé des coups d'oeil de haine et de meurtre. Et là, je ferme les yeux tentant de me maîtriser. Je me vois sauter sur le guichet, encouragée par la foule de la file d’attente qui pendant ma quête du colis tant attendu a enflé, et l'empoigner par le cou en la secouant comme un prunier dont on veut faire tomber les fruits, les plus gros étant toujours perchés sur les branches inaccessibles (oui, l'image est pas terrible je vous l'accorde, mais je vous rappelle que je suis excédée). Le peuple applaudit, la foule est en délire. Je ferme les yeux pour reprendre mes esprits et je m’entends lui demander après avoir renoncer à décrypter le marmonnement qui s’échappe de ses lèvres :
« Et maintenant on fait quoi ? »
Madame la postière frémit et s’accroche comme une
condamnée à mon avis de passage en m’indiquant un numéro à contacter en
cas de réclamation, à zéro virgule quelque chose la minute. Évidemment,
je lui réplique que ce procédé est bien abusif puisque l’on me propose
d’appeler un service payant pour faire une réclamation pas forcément
indemnisée. Là, la postière a tout à fait conscience que cela sent le
roussi et vous ne devinerez jamais ce qu’elle ose avancer comme dernier
argument à l’image d’un joueur de poker qui abat sa dernière carte? Un
avis de passage comme le mien en me disant:
« Moi aussi j’attends mon colis qui n’est pas arrivé... »
Pour tout vous dire, y’a des situations qui me coupent le sifflet et là je dois avouer que c’est exactement ce qui s'est passé. D’un coup, je me suis sentie d’une inutilité totale devant cette pauvre chose qui se débattait et à qui j’ai asséné un peu facilement en dernier argument :
"Faut pas vous étonner après que la Poste ait une réputation déplorable! " (Il est vrai que je suis parfois sans peur et sans reproche).
Je me drape alors dans ma dignité, ne salue même pas mon adversaire et repart pleine d’une colère froide rentrée, pensant au futur courrier que je vais envoyer à tous les médias de France et de Navarre pour crier ma haine de ces incompétents de fonctionnaires de la Poste. Et je garde ma blague pour moi « Ah je ne savais pas que vous proposiez aussi le Lentissimo comme envoi ! » car je sens que mon interlocutrice est au-delà de toute subtilité.
Là vous pensez que c’est la fin. Bande de naïfs, c’était sans compter les ressources insoupçonnées d’un service qui peut encore dépasser l'indépassable. Pour vous la faire courte, ma copine la postière, ben, elle avait pas vérifié où qu'il était mon paquet. Chose que j'ai découverte le lendemain à mon troisième passage avec sa collègue un peu plus zélée. Mon colis, en fait, il s'était fait la malle dans un autre bureau de poste attendant sagement de l'autre côté du périph' que je vienne le récupérer. Heureusement, je suis tombée au téléphone sur une bonne âme du bureau de Saint-Ouen qui a fait rapatrier le colis de façon "illicite" (il faut savoir que la procédure officielle aurait fait durer la petite blague une semaine de plus) et grâce à son intervention j'ai enfin pu récupérer mes livres hier matin. Juste pour vous faire rigoler et comme me l'a fait remarquer Enna à juste escient, si j'étais allée les chercher à pied, il m'aurait fallu moins de 3h aller-retour... La vie est vraiment une jungle !
La morale de l'histoire: ne jamais dire du mal de son prochain surtout de gens aussi influents que Jacqueline, grande prêtresse de la critique et responsable, j'en suis certaine, de ce complot postien. Pardon Jacqueline, promis je le ferai plus...
Renée
12 septembre 2008
Poste, je te hais… (1)
Sérénité, amour… Je suis équilibre et tempérance…
Ô haine sort de moi, toi qui a envahi mon corps ! Amis lecteurs si tu ne veux pas être éclaboussé par un flot de haine, passe ton chemin car je vais te conter une histoire à haute teneur tensiogène. C’est donc en connaissance de cause que tu t’aventureras en ces lignes…
Récapitulons.
Nous sommes samedi matin (il y a de cela une semaine) et la journée s’annonce plutôt belle. J’entends l’oiseau qui sifflote, Cesaria Evora qui chantonne dans mon salon et je lance un coup d’œil plein d’espoir vers mon tableau. C’est peut-être aujourd’hui que je les reçois ! Quoi ça, me direz-vous? Qu’est-ce qui l’émoustille autant la Renée? La brigade de pompiers de la caserne d’à côté qui vient prendre le thé chez elle? Georges Clooney de passage à Paris? Ben non, y’a juste que la sélection de septembre est partie hier par la poste en colissimo et que peut-être avec un peu de chance cela arrive aujourd’hui.
Après un échange avec ma nouvelle cop’s de critique par mail mon sang ne fait qu’un tour car elle vient juste de recevoir une nouvelle cargaison. Le cru nouveau est arrivé, apporté ce matin en mains propres par son facteur. Ni une ni deux, je saute dans un jean et file jusqu’à ma boîte aux lettres, le cœur rempli d’espoir. Et victoire, le p’tit bout de papier est bien là: l'avis de passage du facteur!
Je file donc comme une flèche à La Poste, poireaute (comme d'hab') un bon quart d'heure avant qu'un gentil fonctionnaire m'annonce très sereinement qu'ils se sont trompés sur mon papier, que le colis ils ne l'ont pas parce qu'il n'est pas encore entre leurs murs. J'ai manqué m'étrangler quand il a ajouté :
"et ne venez pas avant lundi 17h car on ne les reçoit que l'après-midi".
Je reviens donc en ma demeure vaguement énervée par cette erreur de scénario. Et pour cause, les livres partent de Levallois Perret (soit à 30mn maxi en voiture de chez moi ) et je ne récupèrerai pas ma littérature avant mardi matin puisque travaillant assez tard et habitant à 3/4 d'heure de mon boulot je ne peux en aucun cas être à La Poste avant 19h, l'heure de fermeture lundi soir. La déception passée, je reprends mon petit bonhomme de chemin en faisant contre mauvaise fortune bon cœur car je suis une fille qui positive.
Même avec deux jours en moins pour lire la sélection d'octobre pas de problème, je gère. Je suis une critique réactive et c'est pas quelques paquets d'heures en moins qui feront la différence. Même pas peur, la vie est une jungle mais je saurais vaincre l'adversité!
C'était peut-être sans compter la vengeance de Jacqueline...
...la suite au prochain épisode...
Renée
04 septembre 2008
Critique mode d'emploi
Non, je ne me suis pas endormie devant l’écran de mon ordinateur, ni n’ai oublié mes dernières promesses de vous parler avec un peu plus de détails du prix des lectrices de Elle. Mais il faut vous dire que dans notre trio, ben y’en a une qui ne s’arrête pas. Et comme elle a plein de temps pour vous parler, ben on la laisse causer nous, DQJM. La Choup, elle se fait attendre et nous on a hâte qu’elle arrive aussi (bon, pas trop vite non plus parce que du coup avec Hortense va falloir que l’on cravache sec pour vous fournir des distractions quotidiennes que vous êtes en droit d’attendre vu qu’on est trois à écrire. Mais sans DQJM ça va sérieusement être plus difficile…).
Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à Jacqueline puisque j’avais promis de vous expliquer un peu quel était le mode d’emploi d’une critique lectrice chez Elle à part qu’on ne l’abonne pas au magazine (pt’êt' qu’ils pensent que on est toutes abonnées en fait ? Et vous, amies critiques c’était le cas ? Moi, perso, ça m’était jamais arrivée puisque je ne l’achetais que de temps en temps, juste pour faire ma pintade et ne pas être larguée dans le monde impitoyable féminin…).
Mais comment ça marche donc, de critiquer ?
1. Cette expérience dure comme l'école, presque un an sans les vacances d'été, et la période est découpée par mois : c’est super logique mais attendez que je vous en dise plus.
2. Notre coach, c’est Jacqueline, et elle communique avec nous par courrier ce qui est très classe en ces temps d’internet attitude. Bon, faut pas vous leurrer, il est pas écrit à la main mais à chaque fois, c’est son nom qui est en bas de la lettre. Oh yeah !
3. Les 120 jurés sont réparties par groupes et on vous annonce celui auquel vous appartenez: « jury de novembre » par exemple (oui, c’est un exemple, parce qu’en fait je vais pas vous donner mon mois au cas où Jacqueline irait fureter sur le oueb. Vous comprenez je tiens à ma liberté de ton et je voudrais pas qu’on me repère… ce qui n'exclut tout de même pas complètement que j'appartienne au mois de novembre... mystère et boule de gomme je ne dirais rien).
4. Donc, Jacqueline, qui est certes une femme sympa, mais hyper prévisible, nous a envoyé dès le début avec abscisses et ordonnées à l’appui, les dates d’envoi des livres, le nombre de livres à recevoir et surtout la date de retour de nos commentaires parce que faut pas dépasser non mais ! A Elle on veut des critiques sérieuses. Je n’ai pas encore reçu la lettre qui préciserait « Châtiments pour lectrices non zélées » mais je reste quand même sur le qui-vive au cas où il y aurait punitions.
Tout ça pour vous dire qu’au début de chaque mois, nous avons 3 livres à lire dans les catégories roman, document et polar et nous devons écrire un commentaire sur chacun à la fin de ce même mois avec attribution d’une note de 1 à 20. Quand arrive enfin "votre MOIS" sauf s'il est déjà passé ;o), c’est le double effet kisscool. Là, vous en recevez 7 dont vous devez extraire les 3 meilleurs, dans les 3 catégories, dont il faut faire la critique et auxquels il faut attribuer une note (mais vous avez un peu plus de temps heureusement). C’est à partir de cette sélection que l’on envoie les 3 bouquins à tous les autres groupes. Vous suivez ? Non c’est chiant c’est normal, mais rassurez-vous c’est bientôt fini…
En fait, être critique pour le prix des lectrices de Elle, c’est un travail en solitaire du moins pour tout ce que j’en sais car ma lisibilité s’arrête au mois d’avril. Plus rien après cette date, le tableau s’arrête et Jacqueline ne pipe plus mot. Paraîtrait que chez Elle on ramasse toutes nos notes, et que cela permettrait de déduire les gagnants dans les trois catégories.
Moi, pour tout vous dire, je cherche à quel moment j’pourrais récupérer un abonnement dans l’histoire. Je suis sûre que certains éditeurs seront intéressés pas mon profil. Youhou amis éditeurs, je suis là, c’est Renée ! Une bonne note pour un abonnement. C’est tout. Ni vu ni connu, j’t’embrouille. Soyez rassurés, Jacqueline n’en saura rien. Je serais muette comme une tombe…
Renée
19 août 2008
La puissance de google
Je rentrais tranquillement chez moi après une dure journée de labeur (ben oui, quand on a arrêté de faire fonctionner ses neurones pendant un week-end prolongé de 3 jours, c’est pas évident de les remettre en route). Du coup, le soir, on est bien fatigué après tant d’infortunes (le monde est cruel me direz-vous, il serait temps que je m’en rende compte) et on décide de se prélasser en allant jeter un regard vide à son «espace d’expression personnelle», son blog, d’où qu’on s’emmêle parfois les pinceaux (enfin moi, j’veux dire).
J’allais donc bien sagement vous conter la suite des coulisses d’une «critique pour rire» quand, au détour des coulisses de ce même blog, je découvre, oh stupeur, qu’une collègue, la première, m’avait trouvée. Pas une collègue de bureau (ou alors je suis pas encore au courant), mais une collègue de critique. Oh étonnement ! Oh grâce du oueb ! Oh miracle de la toile ! (ne piaffez pas d'impatience, la suite arrive). Moi, Renée, sans bouger mon auguste postérieur de ma chaise et en lançant un message sur internet comme on jette une bouteille à la mer, j’avais réussi à nouer le contact avec une amie critique !
Là, dans un commentaire de mon dernier billet, elle était là, cette manifestation quasi-divine de la magie d’un monde virtuel, un commentaire d'Enna qui m’adressait la parole pour me dire : « je tombe ici au hasard de mes recherches google… Je fais partie du jury de Elle aussi » (vous pouvez aller vérifier c’est par là pour la suite).
Ni une ni deux, je fonce vers la requête en question (et oui, lecteurs, grâce aux instruments maléfiques mis à notre disposition par canalblog nous avons les moyens de pister chacun de vos pas et de savoir où vous êtes allés, combien de temps vous êtes restés connectés chez nous et si les billets vous ont fait marrer rien qu'à la tête que vous faîtes. Non, ce logiciel là n’est pas encore au point mais attendez que la vidéo envahisse votre chez vous et vous pourrez être épiés derrière l’écran de votre ordinateur). Mais si, vous savez, la société de Big Brother. Allez pas dire qu’on vous avez pas prévenu après ça. Pour ceux qui suivent rien à rien, c’est par ici.
Donc, en menant mon enquête, je découvre qu’en tapant uniquement « Prix des lectrices de Elle 2009 » sur google, on tombe directement en première page des requêtes, sur un petit bout de mon billet qui se gausse un peu de la Jacqueline. Mince me dis-je, pas de bol. Et si ma chef de « critique pour rire » était une webeuse addict. C’est que, je voudrais pas me faire pincer en flagrant-délit de moquerie. Allez Jacqueline, tout ça c’était pour rire. Promis. C’était pour faire monter les stats sur le blog, qui pour tout t’avouer sont pas très folichons. Heureusement que DQJM m’a hébergé chez elle avec ses billets à pleurer de rire sur sa grossesse parce que sinon, j’aurais que 4 ou 5 lecteurs réguliers (ma mère, mon père, mes sœurs et une grand-tante éloignée). En fait, Jacqueline, t’es super, continue comme ça, tes explications par courrier sont limpides, cela me permet d’avancer plus sereinement dans ma lecture et d’avoir en tête précisément un rétroplanning de mes missions. Tu m'en veux pas dis?
Bon avec tout ça, j’ai encore oublié de vous parler des règles du jeu de cette aventure de critique; ce sera pour la prochaine fois. Merci Enna pour ton petit message et à très bientôt j’espère !
Renée Duras vous embrasse